Tout est dent tout (Albert Roths)
La Voie de la dent.
Pourquoi la dent ?
Parce qu’elle accompagne notre développement, elle rythme nos mues existentielles (enfance, adolescence, adultessence). Et elle jalonne ce trajet de petites pierres blanches qui rappellent, à qui sait le voir, les difficultés rencontrées.
Par sa carie (névrose dentaire), par sa malposition (psychose dentaire) elle inscrit aux marches du palais et de la mandibule les ruptures d’harmonie :
- physiques par les liens mécaniques entre le corps et les dents (posture et chaînes musculaires)
- physiologiques par des liens révélées par la clinique (nous en reparlerons dans les articles à venir)
- émotionnelles par les réactions locales au stress relationnel
- mémoires par l’expression de programmes génétiques et généalogiques.
Nous consultons tous à cause d’un symptôme (douleur, grosseur, fièvre…).Notre réaction première est de chercher le remède qui s’y oppose pour le faire disparaître (antibiotique, anti-inflammatoire, antalgique ..) et qu’ainsi tout redevienne comme avant… Oui, mais ! Une des étymologies de symptôme vient du grec sumptôma qui signifie : coïncidence ! Définition oubliée qui ouvre le monde de l’analogie et du symbolisme, l’expression du corps coïnciderait-elle avec une information plus immatérielle ?
Pourquoi la Voie ?
Parce que la dent exprime notre structure la plus profonde mis en contact avec le plus superficiel : une racine plantée dans l’humus osseux, une couronne exposée aux rencontres avec le non soi (nourriture, baiser, langage…), mais aussi avec le soi dans l’union du haut et du bas lors de la mastication.
C’est le seul élément qui s’organise entre le dedans et le dehors avec une étanchéité conservée entre les deux grâce à la gencive.
Cette « voix » ne passe pas que par le technicien dentiste qui va réparer les dégâts, c’est aussi la prise de conscience d’une auto destruction programmée par un inconscient qui a ses raisons que le mental ignore.
Plutôt que déléguer à sa dent, à son plombage, ou à son dentiste la gestion de son trouble, autant l’éclaircir à la lumière de cette pathologie.
Cela nécessite quelques clés mais avant tout une curiosité ouverte à ce regard
Pourquoi moi ?
Parce que trop de douleurs sans raisons apparentes, trop de réactions inattendues après des soins dentaires, trop de galères personnelles qui voguent à leur gré.
Arrive le temps des questions, avec certaines réponses qui amènent alors d’autres questions, des contradictions et des concessions à faire.
L’écologie au niveau de la bouche est dure à respecter, car la dent est la forme bio-logique la plus dure. Le matériau techno-logique de dureté équivalente et d’étanchéité suffisante existe mais ne respecte plus la logique du vivant mais celle de l’industrie.
Il faut alors choisir entre le désir de respecter l’individu dentaire ou l’obligation de restaurer durablement cet outil mécanique.( chaque approche étant honorable et nécessaire mais empruntant des options différentes) ;
A ce jour le seul matériau idéal pour reconstruire de la dent, c’est de la dent !
Cela s’appelle la prévention, une fois la dent cariée, le technicien n’a pas de réponse parfaite, il doit s’efforcer de faire du mieux qu’il peut.
Petit fils de dentiste, fils, neveu et frère de dentiste, je me suis retrouvé tiraillé entre un désir d’approche humaniste et un exercice de plus en plus technicisé, avec des obligations qui sont passées du devoir de résultats à celui de précaution pour arriver à celui de responsabilité.
Je choisi, donc, aujourd’hui de soigner la dent, car tel est mon destin, mais par l’implication de son hôte.
Je me désigne donc comme moniteur en éducation (Education : « mises en œuvre des moyens propres à assurer la formation et le développement d’un être humain »), et désire amener l’autre à devenir thérapeute de lui-même à travers l’enseignement décrit par ses maux de dents